

Si laver, c’est salir, réécris pour revivre…
Sauveur Carlus est graphiste – illustrateur. Il crée des affiches, des packagings, des logos, donne l’identité visuelle à des événements… Il travaille pour différentes sociétés (Vinci, Gribouill’art, Sentosphère…).
Mais il développe par ailleurs de nombreux projets personnels, comme actuellement l’adaptation en BD de polars humoristiques, Les enquêtes des sœurs Bodin, écrits par Jean-Pierre Ferrière dans les années 60.
Sauveur Carlus écrit aussi beaucoup : des scenarii, dont un, Pimprenelle, porté à l’écran par Yamina Benguigui sous forme de court métrage. Mais aussi des romans, des carnets de voyage, et des poèmes, pour lesquels il imagine le plus souvent des musiques.
L’écriture et le dessin sont donc pour lui intimement liés. Par cette union des images et des mots, il tente depuis toujours de creuser son inlassable recherche de bonheur et de beauté.
Il donne au Manoir en mars 2012 une exposition qu’il a nommée Palimpseste.
Un palimpseste se dit d’un manuscrit dont on a effacé l’écriture pour y écrire de nouveau.
Sur le plan graphique et technique, Sauveur Carlus envisage en effet chacun de ses travaux comme un espace d’expérimentation et l’opportunité de se réinventer à chaque instant : collages superposés, peinture grattée, mixage d’encres et de crayons, toile cousue en patchwork, lambeaux de papiers déchirés et rassemblés, pigments, aquarelle, photos de ses voyages retravaillées, triturées, découpées…
Un apparent chaos d’où émerge pourtant un fil d’Ariane : des personnages oscillant entre aurore et crépuscule, dont la candeur lunaire ne saurait totalement masquer la gravité.
Mots qui se diluent en pluie ou bien naissant des entrelacs infinis de la chevelure d’une femme… Sauveur Carlus distille bien l’écrit au fil de ses œuvres.
Car l’écriture semble bien être la clef de toute l’exposition. Le dessin et la peinture peuvent bien la cacher. Elle reste néanmoins vivante, et c’est même peut-être en elle que Sauveur Carlus parvient à exprimer au mieux ses secrets.
Il a décidé alors d’éditer pour cette exposition un livre illustré, programme certes de l’événement, mais qui en sera aussi la prolongation littéraire, car il y présentera certains de ses textes. Il en chantera également deux au piano le soir du vernissage, le jeudi 8 mars, à partir de 18 h 30.
Dessiner, peindre, écrire, composer… Créer sans barrière, pour embrasser au mieux la vie, tenter de saisir ainsi le flot de toutes nos émotions si contraires.
Si tout se superpose, et donc s’efface cependant à l’infini, tout pourrait alors paraître bien vain. Ainsi en serait-il donc d’un palimpseste. Écrire et réécrire sans cesse. Pourtant ne serait-ce pas exactement là que pourrait se cacher le bonheur ? Créer non pas pour laisser une trace, mais juste pour tenter de réinventer sa vie, retrouver aussi le parfum perdu de l’enfance et les personnes aimées qui ne sont plus…
Pour de plus amples informations sur l’exposition et sur l’artiste : www.sauveurcarlus.com